Mascipo
En consultation: Accueil > Présentation > Centres de Recherche > CENA

CENA
Centre d’Études Nord-Américaines

Créé à l’instigation de François Furet en 1980, en partenariat avec le CNRS et la French-American Foundation de New York, le Centre d’études nord-américaines de l’EHESS est associé au CNRS depuis 2001, d’abord sous la forme d’une FRE (2001-2002), puis d’une UMR (2002-2005). Depuis le 1er janvier 2006, il appartient à l’UMR 8168 – Mondes Américains, Sociétés, Circulations, Pouvoirs (XVe-XXIe siècles), la seule au CNRS portant sur l’ensemble des Amériques et réunissant, outre le Centre d’études nord-américaines, trois équipes de spécialistes sur l’Amérique latine et la Caraïbe : le CERMA (EHESS), le CRALMI (université de PARIS I), et l’ESNA (université de PARIS X). Le programme scientifique du MASCIPO s’articule pour les années 2010-2013 autour de six axes de recherche dont les cinq premiers sont transversaux entre les deux équipes Amérique du Nord et Amérique latine :

1) histoire et anthropologie : le processus d’américanisation : les Amériques comme laboratoires de la mondialisation (XVIe-XXIe siècles) ;
2) histoire sociale et culturelle : histoire comparée et croisée des sociétés coloniales américaines ;
3) histoire et anthropologie des sensibilités : paradigmes américains, histoire et mémoire, XVIe-XXIe siècles ;
4) histoire du politique : l’État dans les Amériques, XIXe-XXe siècles ;
5) histoire des transferts culturels : circulation des savoirs, construction des savoirs dans l’espace euro-américain (Amérique latine, États-Unis, Europe), XIXe-XXe siècles ;
6) Anthropologie contemporaine : régimes d’historicité, politiques de la mémoire et identités ethniques et nationales dans les Amériques (XVIe-XXIe siècles).

Deux membres du Centre d’études nord-américaines, Sara Le Menestrel et Pierre Gervais, dirigent également deux projets financés par l’ANR : MUSMOND – Mondialisation, musiques et danses : circulations, mutations, pouvoirs (2007-2011) et MARPROF – Compte et profits marchands d’Europe et d’Amérique, 1750-1815 (2009-2012).

Chacun de ces axes et projets participe d’une même ambition scientifique qui définit notre travail collectif. Cette ambition commune se nourrit d’abord d’un souci réflexif et critique, qui n’a pas toujours été par le passé le trait principal des travaux conduits en France sur l’Amérique du Nord, et qui nous paraît d’autant plus nécessaire. L’attention prêtée aux catégories et aux échelles utilisées, à leurs modes d’élaboration, aux évolutions des champs et des disciplines, nous semble garantir la pertinence d’une pratique scientifique que nous souhaitons constamment réinterroger à neuf. Ensuite, cette ambition est indissociable d’une volonté comparatiste qui, au-delà des proclamations, constitue une nécessité permanente dans un centre d’aire culturelle : comparaison entre les objets, entre les États-Unis et le Canada, entre l’Amérique du Nord et l’Europe, entre l’Amérique du Nord et l’Amérique latine, entre les méthodes de l’histoire et celles des autres sciences sociales, l’anthropologie en particulier. Cette démarche comparative est associée à une perspective d’histoire croisée et connectée à l’échelle hémisphérique et à l’échelle atlantique. Enfin, nous sommes rassemblés par une même analyse des conditions de la recherche dans le domaine nord-américain : tous confrontés à des productions scientifiques qui sont, et de loin, les plus importantes au monde par la quantité, qu’il s’agisse d’histoire, d’anthropologie, de sociologie ou de science politique, nous nous efforçons d’inscrire nos propres recherches dans un dialogue critique, maîtrisé et exigeant avec nos collègues d’outre-Atlantique.

C’est autour de cette problématique générale que s’est développé depuis 1980 le Centre d’études nord-américaines de l’EHESS, qui se voulait une réponse à l’indifférence qui imprégnait les institutions françaises d’enseignement supérieur et de recherche à l’égard de l’objet scientifique nord-américain. En dépit d’efforts pionniers dans certains départements d’anglais, ou de la création à la Sorbonne en 1967 d’une première (et longtemps unique) chaire d’histoire nord-américaine, le décalage était alors profond entre le poids de l’Amérique du Nord dans le monde contemporain et le peu d’intérêt scientifique qui était manifesté à son égard en France. Après avoir fonctionné quelques années grâce aux enseignements assurés par des invités américains dans le cadre de deux directions d’études tournantes, financées l’une par l’EHESS, l’autre par la French-American Foundation, le CENA se développa à partir de l’élection d’un directeur d’études permanent, Jean Heffer, en décembre 1984, qui répondait à la nécessité d’instaurer une certaine continuité afin de permettre la formation de doctorants et la conduite de programmes de recherche. Au cours des trente dernières années, avec le soutien de l’EHESS, des tutelles, et de la French-American Foundation, le CENA a construit des partenariats actifs avec plusieurs équipes françaises, européennes et nord-américaines, et il en est venu à occuper une certaine place dans le paysage des études nord-américaines en France.

Le centre d’études nord-américaines compte aujourd’hui parmi ses membres statutaires des enseignants-chercheurs et des chercheurs de l’EHESS, du CNRS et de plusieurs universités, une quinzaine de doctorants, et des chercheurs associés collaborant régulièrement aux projets scientifiques de l’équipe. L’ensemble constitue un réseau national et international d’enseignants-chercheurs, de chercheurs et de doctorants actif dans les structures scientifiques et associatives américanistes en Europe et en Amérique du Nord : l’équipe comprend plusieurs membres ou anciens membres des instances dirigeantes de l’Association française d’études américaines et de la Société d’études nord-américaines, de la Commission franco-américaine d’échanges universitaires et culturels (programme Fulbright), de l’Institut des Amériques, ainsi que les correspondants français de l’Organization of American Historians, du Journal of American History et de la Revue d’histoire de l’Amérique française (Montréal). Cette équipe est reconnue en Amérique du Nord : trois de ses membres, Jacques Portes, Jean Heffer et Pierre Gervais, sont parmi les cinq Français à avoir reçu le prix Willi Paul Adams du meilleur livre étranger décerné par l’Organization of American Historians (respectivement en 1994, 1997, 2007) ; François Weil, a obtenu (en 1997) le prix David Thelen du meilleur article étranger ; un autre membre de l’équipe, Gilles Havard, a été honoré en 2004 du prix du meilleur ouvrage en français en sciences sociales, décerné par la Fédération Canadienne des Sciences Humaines. Ses membres sont régulièrement invités à enseigner dans de grandes universités américaines (Chicago, Duke, Irvine, Louisiana State University, Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin, Tulane, Virginie, etc.), et leurs ouvrages sont publiés en Amérique du Nord. Les doctorants de l’équipe sont encouragés à s’insérer dans ce réseau international : plusieurs d’entre eux ont bénéficié ou bénéficient de bourses d’études ou de recherches, de type Fulbright, Lurcy ou Lavoisier, et peuvent ainsi effectuer des séjours longs aux États-Unis et au Canada, notamment dans les universités, comme Berkeley, Montréal, ou la Virginie, où enseignent des associés du CENA.

-->
Vous êtes 38.107.191.82 (connexion)
UMR 8168