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Séminaire du MASCIPO 2010-2011
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Programme du séminaire Mascipo 2010-2011

Coordination : Anath ARIEL DE VIDAS (CNRS) et Gilles HAVARD (CNRS)

1er vendredi du mois de 15 h à 17 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 5 novembre 2010 au 3 juin 2011. La séance du 5 novembre 2010 se tiendra en salle 3. La séance du 3 juin est avancée au 27 mai (salle 9).

Cycle de communications illustrant les thématiques de recherche au sein du MASCIPO : elles portent sur l’ensemble des Amériques, les périodes coloniale et contemporaine, et croisent les perspectives historiques et anthropologiques.

5 novembre 2010

(salle 3) Présentation de l’axe de recherche HISTOIRE SOCIALE ET CULTURELLE. HISTOIRE COMPARÉE ET CROISÉE DES SOCIÉTÉS COLONIALES AMÉRICAINESSous la coordination de Cécile Vidal (EHESS)

Résumé : Entre le XVIe et le XIXe siècle, les Amériques voient se développer de très nombreuses sociétés nouvelles nées de la rencontre entre Amérindiens, Européens et Africains dans le contexte de la colonisation et/ou de l’esclavage ou d’autres formes de travail forcé. Alors que leur création et développement relèvent de processus similaires, ces sociétés nouvelles sont rarement étudiées dans une perspective d’histoire comparée et croisée en raison du cloisonnement des historiographies qui demeurent nationales, régionales ou impériales. Parce que ces barrières historiographiques constituent des freins à une meilleure compréhension de ces sociétés, le projet se propose de reprendre à nouveaux frais une problématique ancienne en modifiant radicalement les méthodes et les cadres d’analyse. L’échelle hémisphérique sera couplée avec une perspective atlantique : non seulement l’ensemble des sociétés américaines nouvelles seront comparées les unes aux autres, mais elles seront aussi envisagées dans leurs relations avec les sociétés européennes et africaines dont elles étaient issues et dans leurs interconnexions. Une telle démarche faisant du « Nouveau Monde » un laboratoire sans pareil pour la formation de sociétés nouvelles en situation coloniale et/ou esclavagiste devrait permettre de mieux comprendre les dynamiques et les tensions propres à ces sociétés, d’établir une typologie et de modéliser leur processus de formation, c’est-à-dire de mettre en évidence de manière systématique les facteurs expliquant leurs similitudes et leurs divergences, et donc de proposer de nouveaux paradigmes permettant de rendre compte de leur genèse et de leur fonctionnement.

3 décembre 2010

Présentation de l’axe de recherche HISTOIRE & ANTHROPOLOGIE. LES PROCESSUS D’AMÉRICANISATION  : LES AMÉRIQUES COMME LABORATOIRES DE LA MONDIALISATION (XVIE-XXIE SIÈCLES)Sous la coordination de Serge Gruzinski (CNRS/EHESS)

Résumé : Ce programme, qui allie histoire et anthropologie, se propose d’explorer les processus d’américanisation à l’œuvre dans le Nouveau Monde depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours. On prendra le terme américanisation dans un sens large, en le définissant comme la métamorphose sur le sol de ce continent de toutes sortes d’éléments issus d’Afrique et d’Europe, et donc sans le restreindre aux effets de la culture des États-Unis sur le reste du globe. Il s’agit d’explorer la manière dont la projection outre-Atlantique des sociétés européennes, et donc d’une partie de l’Europe moderne, non seulement entraîne des processus d’occidentalisation, des réactions d’adaptation et d’appropriation in situ, et des métissages sans nombre, mais génère également des phénomènes moins étudiés de reformatage et de diffusion continentale des traits ainsi adaptés, modifiés et territorialisés. Diffusion qui peut être le préalable de phénomènes de mondialisation.

7 janvier 2011

Discussion autour de l’article Crosscutting State Ethnic Categories in Latin America : Black and “Indian” Self-Identification in Columbia and Mexico /Anath Ariel de Vidas (CNRS-MASCIPO) et Odile Hoffmann (IRD-URMIS)

Discutants : Véronique Boyer (CNRS-MASCIPO) et Paul Schor (Paris VII-MASCIPO)

Résumé Le débat sur les catégories ethniques et/ou raciales s’est renouvelé à la fin du XXe siècle avec la mise en place de politiques multiculturelles et l’émergence sur les plans juridiques internationaux des droits associés au statut d’“indigène”. Ce statut conduit les États et les institutions internationales à forger des catégories sociales afin d’être en mesure d’appliquer leurs politiques. Il s’ensuit une dialectique complexe entre les institutions et les populations concernées, ces catégories prenant différents sens selon le locus ou niveau d’analyse et selon le degré d’instrumentalisation qu’on peut en faire. Or, les analyses des perceptions et remaniements des catégories étatiques au sein de groupes sociaux visés par ces mêmes classifications restent toujours subordonnées à ces dernières, même si elles les déconstruisent. Elles courent ainsi le risque, souvent à leur insu, de réifier ou de naturaliser ces catégories. Prenant un point de départ différent, celui des représentations et non des catégories en elles-mêmes, notre article contribue à l’analyse de cette dialectique avec quatre études de cas croisées concernant des populations en Colombie et au Mexique qui seraient a priori catégorisées comme “noires” ou “indiennes”. Le quotidien de ces groupes montre d’autres types de catégorisations possibles, internes, parfois même transversales, qui loin de naturaliser les catégories “Indien” et “Noir”, dévoilent d’autres modes d’identification sociale, sans doute plus pertinents pour les acteurs en question tout autant que pour les sociétés dans lesquelles ils s’insèrent.

4 février 2011

Présentation de l’axe de recherche HISTOIRE DU POLITIQUE. L’ÉTAT DANS LES AMÉRIQUES, XIXE – XXE SIÈCLES.Sous la coordination de Nikita Harwich (Université Paris X) et Romain Huret (EHESS/Lyon-II)

Résumé : L’histoire de l’État contemporain, dans un contexte comparatiste interaméricain, est envisagée ici sous une problématique multiple : circulation des savoirs en matière étatique à l’intérieur des Amériques ; le positivisme en tant que tentative de définition d’une identité culturelle, ainsi qu’à celle d’une identité politique ; étude de la fiscalité ; dynamiques de politisation dans les mondes américains ; pouvoirs intermédiaires et mutations de la puissance publique ; formalisation de l’action politique (partis et factions, clubs, associations) ; enfin, engagements, identités et mobilisations.

4 mars 2011À PRÉCISER

1 avril 2011

Présentation de l’axe de recherche HISTOIRE DES TRANSFERTS CULTURELS. CIRCULATION DES SAVOIRS ET CONSTRUCTION DES SAVOIRS DANS L’ESPACE EURO-AMÉRICAIN (AMÉRIQUE LATINE, ÉTATS-UNIS, EUROPE) XIXE-XXE SIÈCLES. Sous la coordination de Annick Lempérière (Université Paris I) et Jacques Portes (Université Paris VIII)

Résumé : L’enquête aborde les transferts et les circulations culturels dans un espace atlantique et euro-américain marqué par la triangulation : échanges nord-sud/sud-nord dans les Amériques, leur médiation européenne, et échanges est-ouest/ouest-est entre Europe(s) et Amérique(s). L’accent est mis sur les « savoirs » : le savoir sur l’autre, l’autre européen ou l’autre américain ; et les savoirs de l’autre que l’on s’approprie – sciences humaines, sociales, politiques, savoirs pratiques applicables au gouvernement, à l’ordre public ou aux politiques sociales… On s’efforce de « décentrer » au maximum les points de vue et les approches car, même si l’espace euro-américain est orienté par le tout-puissant émetteur culturel européen au xixe siècle et de plus en plus, au xxe siècle, par celui des États-Unis, les circulations sont multi-directionnelles, les parcours des savoirs, à l’image des trajectoires individuelles, sont marqués par l’imprévisibilité, et les appropriations locales sont adeptes du polycentrisme référentiel.

6 mai 2011

Présentation de l’axe de recherche ANTHROPOLOGIE CONTEMPORAINE. RÉGIMES DHISTORICITÉ, POLITIQUES DE LA MÉMOIRE ET IDENTITÉS ETHNIQUES ET NATIONALES DANS LES AMÉRIQUES (XVIE-XXIE SIÈCLES)Sous la coordination de Guillaume Boccara (CNRS) et Gilles Rivière (EHESS)

Résumé : Cet axe se propose en premier lieu de mettre en évidence la manière dont les formes d’historicité sont intégrées et activées dans les revendications identitaires et les mouvements sociaux et ethniques amérindiens surgis depuis deux ou trois décennies dans plusieurs pays des Amériques. Il aborde par ailleurs le thème des nouvelles politiques des identités des États latino-américains et des relations que ceux-ci entretiennent avec les agences multilatérales de développement. Il vise finalement a développer une réflexion sur les enjeux de la reconnaissance ainsi que sur les changements survenus dans la représentation des moyens pour atteindre l’universel et des façons d’y tendre dans un contexte caractérisé par l’émergence et la visibilisation des particularités.

27 mai 2011

Présentation de l’axe de recherche HISTOIRE ET ANTHROPOLOGIE DES SENSIBILITÉS. PARADIGMES AMÉRICAINS, HISTOIRE ET MÉMOIRE (XVIE-XXIE SIÈCLES)Sous la coordination de Pierre Gervais (Université de Paris VIII) et Frédérique Langue (CNRS)

Résumé : Indissociable de l’histoire des représentations sociales et politiques, l’histoire des sensibilités telle que nous la pratiquerons dans ce programme s’attachera à redéfinir des approches ainsi que des terrains et des objets inédits, à explorer les marges des deux disciplines et notamment de l’histoire culturelle. Elle s’attachera ainsi à revisiter des sources liées à des conjonctures historiques et mémorielles qui ne laissent pas d’influencer l’écriture de l’histoire y compris dans sa version ’officielle’. Nous insisterons donc sur les usages du passé dans les domaines latino et nord-américain, prenant en compte ces objets encore malaisés à définir que sont les affects et passions, les syncrétismes fondateurs d’identités, les conflits de mémoires et la construction de catégories historiographiques et enfin, cette fabrique continuelle d’émotions pour le temps présent que constitue le diptyque violence et guerre y compris et surtout lorsqu’il est l’objet de remémorations. 

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